Demain, c'est le grand jour. 

Dans les programmes, il y a des points positifs, à gauche comme à droite.

On notera par exemple l'augmentation des cotisations des entreprises qui ont un fort taux d'emploi précaire, le renchérissement du coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes, l'écart de rémunération maximal de 1 à 20 dans les entreprises publiques, les aides publiques orientées vers les entreprises qui investissent en France, la séparation des banques de dépôt et des banques d'affaires, la fusion impôt sur le revenu et CSG, la modulation de l'impôt sur les sociétés chez françois Hollande.

On notera la renégociation du temps de travail par branche ou entreprise (positif à condition d'encadreer la durée maximale de travail et que l'augmentation de salaire suive), l'extension du système de faillite civile à tout le territoire, un taux "réciprocité des droits de douanes aux frontières de l'Union", le nécessaire rapprochement des entreprises et de l'éducation nationale chez Nicolas Sarkozy. 

On voit de la démagogie ou de l'injustice, notament chez Marine le Pen et ses allocations données seulement aux Français, alors que si un résident participe par ses cotisations à la solidarité nationale, il est juste qu'il ait droit aux allocations. Comme vous tous, je suis bien sûr plus circonspect sur l'opportunité d'assister ceux qui ne participent pas à la cause par leur travail. 

On note que les candidats ne se mouillent pas assez sur ce que sera la politique étrangère de la France, sa défense. 

Des promesses mais pas de mesures concrètes pour le reste, police, justice, éducation, il faudra attendre de voir. 

Pour ma part, et bien que gaulliste de coeur, je voterai utile au premier tour demain, c'est à dire pour François Hollande. 

Pourquoi ? Parce que même si je ne suis pas d'accord sur l'ensemble du programme, loin de là, la France a besoin d'une alternance. On ne peut plus, comme cela a été le cas pendant 5 ans, légiférer à l'émotion, sans fil directeur, se placer dans la direction du vent de l'opinion ou faire des cadeaux aux "amis" du Président (genre fusion GDF-Suez, Proglio placé à un poste de PDG). Je ne suis pas contre la recherche du consensus "Hollandaise".

Et puis, je n'ai pas envie de refaire cinq ans avec Guéant, Morano, Lefebvre, Coppé, Bertrand, Balkany, dont le niveau de médiocrité ou de manque de morale atteint des sommets... 

D'aucuns m'ont dit qu'ils hésitaient à voter Hollande car ils avaient peur que celui-ci soit trop faible. Peut-on l'être plus qu'on ne l'a été avec Sarkosy devant nos voisins allemands ? Je ne le pense pas. Nos voisins nous poussent dans le mur, avec une monnaie surévaluée par rapport au Dollar et leur refus de réformer la gouvernance de la banque centrale européenne. La menace de sortir de l'Euro aurait suffi à les rendre à la raison, nous et nos voisins latins étant leurs premiers clients (60% des exportations allemandes se font dans l'Union). Avoir une monnaie beaucoup plus forte que la nôtre serait une catastrophe pour leurs exportations. Le fait que nos dirigeants ne soient pas du même bord politique rétabira sans doute un peu l'équilibre, il y a des choses qu'un gouvernement de gauche ne peut accepter.

D'autres m'ont dit qu'au PS certains se traïnaient de sacrées casseroles. Oui, tout autant mais pas plus qu'à droite, et un procureur proche du pouvoir n'a pas été opportunément nommé dans les Hauts de Seine par la gauche mais bien par la droite. Vous avouerez que ça aide à ce que des affaires ne sortent pas, puisque c'est le procureur qui ordonne les enquêtes.  

Plus directement, je travaille dans la fonction publique, avec un emploi de terrain. L'un, de droite, en veut à mon emploi, sans se soucier de faire la différence entre moi, les autres opérationnels, et ceux qui bullent dans un bureau. L'autre ne m'en veut pas de mon statut. Dans ces conditions, le choix est vite fait.

Enfin, dans le cas où Marine Le pen serait au second tour, si c'est face à François Hollande il y aura un reflexe républicain. Face à Sarkozy, c'est moins sûr, j'en suis convaincu. 

Allez, faites en votre âme et conscience mais n'oubliez pas : pour avoir ensuite le droit d'ouvrir vos gueules, il faut voter demain !