26 novembre 2008
Un spectacle pitoyable...
C'est un spectacle pitoyable d'élection ratée que nous ont donné les socialistes au cours des deux dernières semaines...
Tout d'abord, la tradition socialiste veut que les motions travaille avec celle arrivée en tête. Cela n'a pas été le cas parce que c'était celle de Ségolène, Et qu'il y a un front du tout sauf ségo au PS, à tel point que des points de vue à priori inconciliables tels que ceux d'henri Emmanuelli et des Strauss-Kahniens se sont regroupé sous la bannière de Martine Aubry.
Ensuite, le recomptage des voix a semé le doute sur la validité de l'élection. C'est bizarre mais si ségo avait gagné on y aurait quand même cru un peu plus.
Résultat, mal élue avec une majorité bancale et une opposante dans son propre camp, que pourra faire Martine Aubry ? Elle a dit la semaine dernière que l'UMP devrait arrêter de rire cette semaine mais je crois que Sarko n'a pas fini de se marrer et nous de nous désespérer...
21 novembre 2008
Ne voyons pas tout en noir...
Certes, on peut voir l'avenir comme étant bien sombre...
Malgré le sourire ultra-brite de Mme la Ministre des finances, on sait bien qu'avec la crise on en a pris pour deux ou trois ans de récession.
Malgré les critiques dont elle fait l'objet dans son propre parti, Ségolène a raison : sans parler de nationaliser toutes les banques, il fallait que l'Etat (re)prenne le contrôle des Caisses d'Epargne pour créer un pôle bancaire public.
Pourquoi, parce que l'Etat n'a aucun contrôle sur l'argent qu'il a offert aux banques pour les renflouer (il n'est même pas majoritaire dans la société de refinancement créée par le gouvernement), et que rien ne les empêche de distribuer 10% de cette manne financière à leurs actionnaires et leurs traders comme l'ont fait les banques américaines renfloués par le plan Paulson, et de laisser couler les PME et les particuliers en difficulté.
Résultat : Sarko en a été réduit aux menaces et Lagarde espère qu'elles suffiront. La vérité, c'est que la spéculation d'aujourd'hui n'est pas plus illégale qu'hier, malgré les gesticulations de notre omni-président !
Avec un pôle bancaire public, il aurait suffi de dire aux PME, venez à la Poste ou à la Caisse d'Epargne, on vous fera crédit et on vous autorisera les découverts si nécessaires à votre activité (les délais de paiement s'échelonnant entre 30 et 90 jours, quand elles n'ont plus droit au découvert elles meurent, même si le carnet de commande est plein).
Quant aux particuliers, une loi garantissait déjà leurs dépôts jusqu'à 70 000 €, et l'équivalent de la somme mise à la disposition des banques aurait suffi à les couvrir.
Mais pourquoi donc n'a-t-on pas assisté à une renationalisation de l'Ecureuil ? Par dogmatisme néo-libéral ! En effet, jusqu'à une période récente, il y avait un représentant de l'Etat au conseil d'administration de cette banque, et ce sont les élus UMP qui ont mis fin à ce contrôle suite à un lobbying efficace du PDG de l'époque, permettant les dérives que l'on a pu constater. Dans son discours sur les patrons voyous, Sarko s'est bien gardé de le crier bien fort, ça, tout comme il se garde bien quand il dénonce les paradis fiscaux de rappeler qu'il a lui-même fait voter un changement de statut de Saint-Barthélémy qui fait de cette île... un paradis fiscal.
Que constate-t-on également ? Que ceux qui nous parlent de la crise, experts comme politiques, sont ceux-là même qui ont prôné la dérégulation et le libre-échange total depuis trente ans. On apprend également que dans nos plus grandes écoles, les élèves n'aprennent pas à trouver des solutions aux problèmes mais simplement à ne pas reproduire les dysfonctionnements (maintenant on fait Polytechnique et l'Ena pour apprendre à laisser aux autres le soin de réfléchir, c'est quand même dingue !). On meurt de cette culture de la note de synthèse... de cette culture du constat des problèmes sans imaginer d'attaquer le mal à la racine.
Tant qu'on laisse des fonds de pension exiger 15% de rentabilité d'une entreprise alors qu'elle est capable de 6% sans ponctionner ses fonds propres et sabrer son personnel, tant qu'on ne se rend pas compte comme l'avait fait Henry Ford (pourtant loin d'être un socialiste), qu'en chaque employé il y a aussi un consommateur potentiel et que c'est pour cela qu'il faut l'employer et le rémunérer correctement afin d'équilibrer offre et demande, tant qu'on ne comprendra pas l'intérêt des taxes douanières aux frontières de l'Union, d'une taxe "émission de CO²" sur le transport y compris et surtout international, tant qu'on obligera pas les "financiers" a engager une partie de leur fonds propres (au moins 15% ou 20% du montant de l'achat ?) comme caution pour leurs achats d'actions ou de matères premières, tant qu'on ne réimposera pas les transferts internationaux de capitaux , tant qu'on se félicitera des volumes d'échange à la Bourse et des chiffres d'affaires en hausse des entreprises réalisés à crédit grâce à une fusion-acquisition sans se demander si elles sont viables, on ira droit dans le mur. Pourtant l'économie de marché ça peut fonctionner avec quelques outils de régulation !
Heureusement, un rayon de soleil vient d'éclairer le monde, avec l'élection d'Obama. Certes, il défendra les intérêts de son peuple et nous ne devons pas trop en attendre... mais justement, il défendra les intérêts de son peuple et c'est ça qui compte ! A l'inverse du "Je" omniprésent dans les discours de notre hyper-président à talonnettes, Barack Obama n'emploie que des "Nous" fédérateurs dans les siens. Alors même s'il ne se montre pas au final à la hauteur des espoirs que le monde place en lui, il nous a rendu l'espoir d'un monde meilleur et c'est déjà énorme ! En plus il n'est pas libre-échangiste, pas unilatéraliste dans ses discours, et ça, ça nous change !
Bon, en plus pour ceux qui peuvent, la crise il y a aussi le moyen d'en profiter... Si vous avez un peu de sous et les reins suffisament solides pour pouvoir encore plaire à votre banque, ça va être le moment d'acheter un logement ou une voiture, vous serez en position de force pour obtenir des remises monstrueuses ! Dommage que les taux d'intérêts soient un peu élévés, mais il y aura quand même moyen de faire de bonnes affaires. Enfin, cerise sur le gâteau, le litre de sans-plomb vient de repasser sous les 1,15 € pour la première fois depuis 2004...
05 novembre 2008
Une élection porteuse d'espoir...
C'est une élection symbolique, porteuse d'espoir non seulement pour les Etats-unis mais pour le monde entier que celle de Barack Obama.
Attention de ne pas le prendre pour Mandrake le magicien, ne sous-estimons pas la force du lobbying dans son pays, mais si son action suit la vision d'avenir qu'il a laissé entrevoir pendant la campagne, les choses devraient évoluer dans le bon sens.
N'oublions pas non plus qu'il ne se préoccupe pas de nous, français. Ses urgences seront la situation économique et sociale aux Etats-unis même, et en politique internationale l'Iran, l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan, la Russie. Pas la peine de sauter au plafond, donc.
Cependant c'est la première fois depuis longtemps que l'on peut attendre un vrai changement, et il ne faut pas bouder notre plaisir de voir la fin du bushisme !