Mille mots, mais pas mille solutions : c'est ainsi que l'on pourrait résumer l'action de notre omni-président cette semaine, face à la crise financière qui secoue le monde.

Il en appelle à un nouveau Bretton woods, mais ne nous pas ce qu'il entend y promouvoir comme mesures. Pourtant, redéfinir les règles de la finance, interdir les achats à découverts, la spéculation sur la dette, trouver des solutions pour garantir à nouveau la monnaie sur des valeurs et non sur les crédits paraissent pour le moins urgent. Mais non, les Etats se contentent de combler les pertes des banques en avançant des sous qu'ils n'ont pas. En France, cette manière de faire est d'autant plus grave que les intérêts de notre dette sont indexés sur l'inflation (trouvaille de la gauche plurielle, mais jamais remise en cause par la droite au pouvoir depuis 2002), et que l'inflation risque de repartir en forte hausse, la monnaie étant garantie sur les crédits.

Il faudrait aussi, pour moraliser la finance, taxer les plus riches en période de crise, ne serait-ce qu'en taxant les parachutes dorés commes des revenus du travail et en taxant les stock options comme les autres plues-values, ce qui n'est pas possible chez nous pour cause de bouclier fiscal instauré par la loi Tepa.

Loi Tepa qui contribue également, rappelons-le, à la forte augmentation du chômage dans la mesure ou les heures sup' sont en hausse de 35% au moment même ou 40000 emplois disparaissent.

Vous noterez que la crise n'empêche nullement les traders de la caisse d'Epargne de spéculer sur un éventuel rebond de la bourse et de perdre 600 millions, ni M. Ghosn de continuer à tailler dans les effectifs de son entreprise, dont l'Etat est rappelons-le actionnaire, pour préserver les dividendes de ses actionnaires alors que même si sa marge a baissé cette année, Renault reste une entreprise bénéficiaire.

Heureusement, les gens commencent à se mobiliser, les "Renault" à Sandouville, les profs, parents et élèves Aujourd'hui, les fonctionnaires Jeudi prochain...

Et que fait-il, notre omni-président ? Rien, si ce n'est persévérer dans la politique du pire, en attendant les propositions du Medef pour moraliser la finance (autant demander à un fabricant de cigarettes des propositions pour promouvoir la lutte contre le tabac), en ne supprimant pas d'urgence les niches fiscales (d'où un manque à gagner de 50 milliards pour l'Etat), en supprimant des emplois publics (mesure néfaste pour le chômage, donc pour la consommation), en continuant à pratiquer une politique de bas salaires (seuls les emplois non qualifiés, donc les plus mal payés sont aidés chez nous)...

Ah si, il fait quelque chose Sarko, il porte plainte contre l'ex-patron des RG qui par le biais de ses carnets l'aurait accusé d'avoir touché 150000 € de liquide. C'est le contraire qui reste à démontrer, mais avec des juges à sa botte, ça devrait pouvoir se faire si on se réfère à l'affaire clearstream, où bien qu'il ait été le principal bénéficaire de l'affaire sur le plan politique, et bien que l'on puisse prouver qu'il avait déjà rencontré Himad Laoud, accusé d'avoir falsifié les listings, Sarko n'a jamais été mis en cause.

Pendant ce temps-là, la gouvernement profite de la Marseillaise sifflée pendant France-Tunisie pour faire diversion. D'accord, que des Français d'origine tunisienne sifflent leur hymne national (ou sarko ? Ou Domenech ? Ou des bleus mous du genou en ce moment ?), c'est grave, mais on a d'autres urgences en ce moment.

Parmi ces urgences, une passera totalement inaperçue : la loi de programmation militaire. Non seulement elle est capitale pour notre capacité future à nous défendre contre toutes les menaces, et elles sont nombreuses, mais en plus elle est essentielle pour nous permettre de sauvegarder une partie de notre outil industriel.

Cela dit, avec un budget 2009 qui ne tient pas compte de la crise, on est mal barrés.

D'autant plus mal barrés qu'un remaniement ministériel se profile à l'horizon et que les voix potentiellement dissonantes sont appelées à en disparaître.