L'agent orange

L'actualité vue par un adhérent du MoDem...

28 septembre 2008

Vers l'après-capitalisme ? Assiste-t-on à une nouvelle erreur judiciaire ? La pénitentiaire est jean-foutiste ou stupide ?

C'est un beau discours que nous a servi Nicolas Sarkozy cette semaine, nous disant que les excès du capitalisme financier étaient terminés, qu'il faudrait créer un "après-capitalisme". Le problème dans l'histoire c'est que c'est bien la même personne qui, il n'y a pas si longtemps, trouvant que les Français n'étaient pas assez endettés, a voulu créer en France les crédits sur hypotèque équivalents aux subprimes.

C'est aussi lui qui a souhaité dépénaliser la finance, avant d'en dénoncer les abus cette semaine. Alors, même si l'idée d'un nouveau Bretton woods n'est pas une mauvaise idée, même si la volonté de créer de nouvelles règles est louable, c'est bel et bien un apôtre du capitalisme le plus sauvage qui a tenu ce discours de circonstance. C'est bel et bien cette personne qui a avoué "vouloir faire de l'argent" quand il aura arrêté la politique, qui voue aux gémonies ceux qui en ont fait ces derniers mois au risque de tout faire exploser...

Aux Etats-unis, George "W" Bush a bien du mal a faire admettre par son congrès son plan de relance de l'économie de 700 milliards de dollars, qui fait suite à la nationalisation de deux banques et une compagnie d'assurance pour éviter les faillites en chaîne.

La vérité, c'est que nationaliser une banque qui va mal pour la revendre au privé quand elle va mieux, ça revient à faire financer les pertes par les contribuables pour distribuer les futurs bénéfices aux futurs actionnaires, soit sans doute les mêmes qui ont fait plonger ces entreprises par leur rapacité. Ce n'est pas un bon principe. Le principe de punir ceux qui n'ont fait qu'exploiter les failles de nos réglementations n'est pas le meilleur non plus, même si comme tous les gens modestes j'aimerais bien les voir cloués au pilori. Non, la solution est toute simple : on doit garantir les comptes de dépôt et les livrets d'Epargne des clients en cas de faillite, et laisser les activités financières se casser la gueule, jusqu'à ce que les responsables de la spéculation y aient laissé leur chemise ! Dans le pire ou le meilleur des cas, selon les points de vue, en France un petit tour par le RMI ne leur ferait pas de mal, aux Etats-unis ils se retrouveraient SDF, ils seraient bien punis et justice serait faite...

Pendant ce temps là, en France, on parle de privatiser la Poste.

Y'a pas, les privatisations en France sont toujours judicieuses, on l'a bien constaté avec les autoroutes laissées à vil prix à Vinci et consorts, ou comment payer plus cher pour un service loin d'être meilleur si ce n'est moins bon qu'avant. Et que dire d'une privatisation en période de crise, qui signifierait in fine qu'on va lâcher la Poste pour une bouchée de pain ? Tout ça pour le plaisir de saccager le service public, là il commence à abuser du balladurisme, le Sarko...

Sans transition, il faut le dire, on est mal barré pour retrouver le petit Antoine disparu le 11 Septembre à Issoire. Pourquoi, parce que l'enquête s'est focalisée sur la mère et non sur le disparu. Manifestement, gendarmes et procureur ont cru tenir "leur" affaire criminelle, celle qui vous lance une carrière.

Le problème, c'est que par principe de précaution, et quand bien même on pourrait prouver par la suite que c'est bien la mère de l'enfant ou son compagnon qui ont attenté à sa vie, il FALLAIT lancer l'alerte enlèvement. Dans toute recherche, les premières heures sont capitales, alors tant qu'on ne savait pas s'il y' avait fugue, crime ou enlèvement, il fallait donner l'alerte. Maintenant, plus d'une semaine a été perdue et il est sans doute trop tard. J'espère que les autorités n'ont pas décidé de se passer d'alerte enlèvement par mesure d'économie, ce serait pire que tout, et ce n'est même pas à exclure dans le contexte actuel...

Autre fait divers du moment, un prisonnier de la prison de Rouen, détenu pour récidive de conduite en état alcoolique, a été sauvagement assassiné par son compagnon de cellule, mis en cause dans une affaire de meurtre et dans une tentative de meurtre.

Alors, mettre un simple délinquant dans la même cellule qu'une personne prévenue d'avoir assassiné quelqu'un de 54 coups de couteaux (?!), et donc visiblement fou à lier (?!), c'est du jean-foutisme ou de la stupidité de la part de la direction de la prison de Rouen ? Et, puisqu'il était visiblement dément, que faisait le meurtrier dans un cellule de prison au lieu d'être à l'isolement dans un hôpital psychiatrique ? On ne le saura pas puisque les premiers éléments dont nous avons disposé dans les médias nous démontrent qu'une fois de plus le ministère de la justice va chercher à se dédouaner...

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21 septembre 2008

Avec un peu de recul...

Avec un peu de recul, on peut revenir sur les évènements du mois qui vient de s'écouler :

- Le conflit russo-géorgien : quand Sarko fait quelque chose de bien, force doit-être de le reconnaître, et il a été bon dans son action diplomatique pour mettre fin au conflit. D'aucuns glosent que les russes n'ont rien concédé mais les combats ont cessé et je pense que personne n'aurait fait mieux. Le vrai succès, dans l'histoire, c'est que l'Europe a, une fois n'est pas coutume, parlé d'une seule voix. Succès donc, mais le mieux aurait encore été de ne pas ouvrir la boîte de pandore en reconnaissant l'indépendance du Kosovo au mépris du droit international et de la résolution n°1244 de l'ONU...

- La perte de 10 de nos soldats en Afghanistan : comme l'a dit le Général Stollsteiner, "nous avons péché par optimisme". Entre le manque de moyens, des unités faites de bric et de broc et un commandement déficient, on l'a mal menée cette affaire. Le pire, c'est que tant que le ministre de la Défense ne reconnaîtra pas que l'accrochage est un échec pour nous et que le mot guerre s'applique pour le conflit Afghan, on est mal barré pour remédier à nos défaillances ! Ce serait pourtant assez simple, selon plusieurs généraux, il suffirait d'envoyer là-bas des unités constituées, de confier les reconnaissance à de vrais spécialistes de cette mission, de disposer de drones, d'hélicoptères et surtout de mortiers en nombre suffisant, intégrés au régiments d'infanterie pour que le commandement des appuis se fassent "en boucle courte"...

- Le traitement médiatique des ces deux histoires : le moins qu'on puisse dire c'est que dans les deux cas l'info était orientée. Les russes ont été présentés comme les méchants de l'histoire alors qu'on s'aperçoit, in mois plus tard, que les géorgiens ont tirés les premiers ; que si Gori n'a pas été rasée par les russes, seul un objectif militaire ayant été visé, la capitale ossète l'a bien été par les géorgiens ; que les soldats russes ne se sont pas rendu coupables d'exactions, mais sont sans doute coupables d'avoir laissé les milices ossètes se venger (auquel cas après sebrenica nous n'avons pas de leçons à donner)... Quant à l'escarmouche afghane, a force de vouloir exploiter l'évènement pour se montrer à la télé, l'omni-président a gravement porté atteinte à notre capacité de résilience. Que se passera-t-il si nous voyons revenir non pas dix mais 100 cerceuils ? Comment réagira-t-on alors qu'on a déjà considéré la mort de dix de nos hommes comme un drame national ? Les anglais qui ont perdu 115 hommes sur le théâtre depuis le début n'en ont pas fait un flan, ce qui n'a pas permis aux talibans de remporter une victoire médiatique...

- Le financement du RSA par une taxe sur les revenus financiers : sur le papier ça paraît une bonne mesure de gauche, genre les plus riches paieront pour les plus pauvres... Le hic c'est que dans les faits avec le bouclier fiscal les plus riches en seront exonérés, ce sera donc la classe moyenne qui va, une fois de plus, s'y coller...

- La récession : la crise, nous a-t-on dit, devait s'arrêter à nos frontières, comme le nuage de Tchernobil. On nous prend pour des cons ou quoi ? Certains, tel Carlos Ghosn, PDG de Renault, en profitent pour licencier 4000 personnes, non que Renault perde de l'argent, mais parce que la marge opérationnelle (et donc les bénéfices des actionnaires) est en baisse...

- Edvige : Concernant ce fichier ou devaient figurer les adhérents des syndicats, militants des partis politiques et les gamins de 13 ans, le premier ministre nous a dit que si on avait rien à se reprocher, on avait rien à craindre d'être fiché. On voit bien qu'ils ont perdu le sens de la démocratie : si on a rien à se reprocher, on ne doit en aucun cas être fiché, et pis c'est tout ! La mobilisation des internautes pétitionnaires contre Edvige est en train de réussir à les faire plier...

- enfin, le non-évènement du mois, puisque c'était déjà le cas l'année dernière : 58% des lois, dont 73% des lois pourtant votées en urgence, n'ont pas reçues leur décret d'application. En clair, Sarko vous fait croire qu'il agit, il court partout, s'agite, le parlement vote à tour de bras, mais moins de la moitié des lois est applicable, faute de décrets. Et écrire et signer les décrets, c'est le boulot des ministres, qui n'ayons pas peur de le dire, ne branlent donc rien...            

 

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03 septembre 2008

Le royaume du copinage...

Petite polémique du moment, le directeur de la sécurité de Corse vient d'être limogé car il aurait laissé les nationalistes de l'île de beauté occuper la villa insulaire d'un des grands amis de l'omni-président, Christian Clavier.

L'Elysée nie, le gouvernement nie et la ministre de l'intérieur prend la mesure à son compte, mais comment imaginer que le limogeage n'a pas de rapport avec l'incident ?

Sarko n'a même pas besoin dans ses cas-là d'intervenir lui-même, tous ses affidés font du zèle pour lui complaire...

Et puis, depuis qu'il est là, on vit au royaume de Sarko Premier. On notera la fusion Suez-GDF qui a avantagé financièrement son ami belge M. Frère, la suppression de la pub sur la télé publique qui avantage son ami M. Bouygues propriétaire de TF1, la légion d'honneur donnée à Mme Balkany dont la place la plus appropriée serait sur le banc des accusés d'un tribunal pour complicité de détournement de fonds et abus de biens publics...

Alors comment ne pas imaginer qu'une fois de plus la Sarkosie triomphante a fait des siennes ?

Comment ne pas imaginer qu'encore une fois Sarko s'est montré indigne de sa fonction par intérêt personnel, fût-il lié à une amitié sincère ? 

Posté par peebee à 21:57 - L'évènement du moment - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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