Avec un peu de recul, on peut revenir sur les évènements du mois qui vient de s'écouler :

- Le conflit russo-géorgien : quand Sarko fait quelque chose de bien, force doit-être de le reconnaître, et il a été bon dans son action diplomatique pour mettre fin au conflit. D'aucuns glosent que les russes n'ont rien concédé mais les combats ont cessé et je pense que personne n'aurait fait mieux. Le vrai succès, dans l'histoire, c'est que l'Europe a, une fois n'est pas coutume, parlé d'une seule voix. Succès donc, mais le mieux aurait encore été de ne pas ouvrir la boîte de pandore en reconnaissant l'indépendance du Kosovo au mépris du droit international et de la résolution n°1244 de l'ONU...

- La perte de 10 de nos soldats en Afghanistan : comme l'a dit le Général Stollsteiner, "nous avons péché par optimisme". Entre le manque de moyens, des unités faites de bric et de broc et un commandement déficient, on l'a mal menée cette affaire. Le pire, c'est que tant que le ministre de la Défense ne reconnaîtra pas que l'accrochage est un échec pour nous et que le mot guerre s'applique pour le conflit Afghan, on est mal barré pour remédier à nos défaillances ! Ce serait pourtant assez simple, selon plusieurs généraux, il suffirait d'envoyer là-bas des unités constituées, de confier les reconnaissance à de vrais spécialistes de cette mission, de disposer de drones, d'hélicoptères et surtout de mortiers en nombre suffisant, intégrés au régiments d'infanterie pour que le commandement des appuis se fassent "en boucle courte"...

- Le traitement médiatique des ces deux histoires : le moins qu'on puisse dire c'est que dans les deux cas l'info était orientée. Les russes ont été présentés comme les méchants de l'histoire alors qu'on s'aperçoit, in mois plus tard, que les géorgiens ont tirés les premiers ; que si Gori n'a pas été rasée par les russes, seul un objectif militaire ayant été visé, la capitale ossète l'a bien été par les géorgiens ; que les soldats russes ne se sont pas rendu coupables d'exactions, mais sont sans doute coupables d'avoir laissé les milices ossètes se venger (auquel cas après sebrenica nous n'avons pas de leçons à donner)... Quant à l'escarmouche afghane, a force de vouloir exploiter l'évènement pour se montrer à la télé, l'omni-président a gravement porté atteinte à notre capacité de résilience. Que se passera-t-il si nous voyons revenir non pas dix mais 100 cerceuils ? Comment réagira-t-on alors qu'on a déjà considéré la mort de dix de nos hommes comme un drame national ? Les anglais qui ont perdu 115 hommes sur le théâtre depuis le début n'en ont pas fait un flan, ce qui n'a pas permis aux talibans de remporter une victoire médiatique...

- Le financement du RSA par une taxe sur les revenus financiers : sur le papier ça paraît une bonne mesure de gauche, genre les plus riches paieront pour les plus pauvres... Le hic c'est que dans les faits avec le bouclier fiscal les plus riches en seront exonérés, ce sera donc la classe moyenne qui va, une fois de plus, s'y coller...

- La récession : la crise, nous a-t-on dit, devait s'arrêter à nos frontières, comme le nuage de Tchernobil. On nous prend pour des cons ou quoi ? Certains, tel Carlos Ghosn, PDG de Renault, en profitent pour licencier 4000 personnes, non que Renault perde de l'argent, mais parce que la marge opérationnelle (et donc les bénéfices des actionnaires) est en baisse...

- Edvige : Concernant ce fichier ou devaient figurer les adhérents des syndicats, militants des partis politiques et les gamins de 13 ans, le premier ministre nous a dit que si on avait rien à se reprocher, on avait rien à craindre d'être fiché. On voit bien qu'ils ont perdu le sens de la démocratie : si on a rien à se reprocher, on ne doit en aucun cas être fiché, et pis c'est tout ! La mobilisation des internautes pétitionnaires contre Edvige est en train de réussir à les faire plier...

- enfin, le non-évènement du mois, puisque c'était déjà le cas l'année dernière : 58% des lois, dont 73% des lois pourtant votées en urgence, n'ont pas reçues leur décret d'application. En clair, Sarko vous fait croire qu'il agit, il court partout, s'agite, le parlement vote à tour de bras, mais moins de la moitié des lois est applicable, faute de décrets. Et écrire et signer les décrets, c'est le boulot des ministres, qui n'ayons pas peur de le dire, ne branlent donc rien...