On ne parle que de ça : l'éviction de PPDA du JT de 20 h de TF1. Vraiment que cela soit le sujet du moment nous montre bien toute la médiocrité de notre presse nationale. Je l'aime bien PPDA, je l'estime même depuis le coup du bébé ramené dans son sac parce que c'était culotté et qu'il risquait gros, mais j'ai d'autres urgences que de me préoccuper de son sort. S'il s'est fait vraiment virer sur ordre de celui qu'il a contribué à faire élire en 2007 avec ses collègues de TF1, je ne vais pas crier à l'injustice, je vais même penser très fort que s'il lui avait posé les questions qui fâchent, s'il avait attaqué sarko sur son narcissisme, son autoritarisme et tout ce qu'on peut lui reprocher, au moins on aurait pu faire de PPDA une victime. Mais ce ne sera pas le cas. Bah je suis sûr qu'il ne sera pas à plaindre financièrement, et de toute manière il est libre d'aller travailler ailleurs. Aaaaah, Sarko et son blingblinguisme, il a préféré une Ferrari !

Qu'est-ce qu'on se marre avec l'actualité en ce moment ! Les Irlandais risquent de dire non par référendum au traité de Lisbonne. Tout ce que la France peut compter d'intellectuels et d'hommes politiques s'en offusquent, pleurent sur le sort de l'Europe. C'est oublier bien vite que la ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne, reprenant les grandes lignes de la constitution européenne que nous avions refusé par référendum, fut une honte et un déni de démocratie. Alors si les Irlandais disent non, ce sera justice, et bien fait pour Sarko qui a vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué en nous présentant la signature de ce traité comme une victoire.

Pendant ce temps-là, Darcos, le Diafoirus de l'éducation nationale ne nous parle que de purger les effectifs des profs avec des chiffres que Staline n'aurait pas renié. 11000 suppression en 2008, 20000 en 2009, le chiffre de 2010 ne nous a pas encore été livré mais ce sera comme pour les étrangers selon Hortefeux, nul doute qu'il va falloir faire encore mieux. Certes il convient de reconnaître que de plus en plus de jeunes français d'aujourd'hui maîtrisent moins bien la lecture que leurs aînés. Mais quand il quittent le système scolaire leur culture générale est bien meilleure, il faut donc relativiser. De plus, rendre responsable des profs qu'on n'a pas suffisamanent bien formés et à qu'on a privé de leur pouvoir de sanction est profondément injuste. Et puis il faudra qu'ils se rendent compte qu'on ne peut pas tout décider à Paris pour deux millions de personnes et qu'il faudra bien redonner un peu de marges de manoeuvre au proviseurs, principaux, directeurs, et bien sûr aux professeurs. Pour savoir ce qui se passe sur le terrain et trouver des solutions, il faut y être ! Quand j'étais en cinquième, les profs de math ont testé le regroupement des élèves par groupes de niveau deux heures par semaine. Il y avait 4 groupes, 1 avec les moyennes les plus basses, 1 pour les moyens-faibles, et ainsi de suite avec les moyens-bons et les bons. A la fin de l'année, il n'y avait plus que 3 groupes, les faibles ayant suffisament progressé pour être moyens en maths. Au moins sans devenir des matheux pur jus ils ont pu acquérir les savoirs-faire de base dans cette matière ! Alors fesons confiance à nos profs et laissons-les faire !

En parlant avec les gens, en lisant les blogs ou la presse, je m'aperçois que s'il dispose toujours de certains soutiens, les catégories de gens qui ont voté Sarko sont très déçus en ce moment : les agriculteurs, pêcheurs, ouvriers, policiers, militaires, fonctionnaires, soit ne voient rien venir de ce qu'on leur a promis, soit sont devenus les cibles privilégiées de l'omni-président. Ils voulaient un président dans l'action, ils ont un hyper-président dans la réaction et dans le copinage. Jamais nous n'avions connu une telle régression de nos acquis sociaux. Certains me répondront qu'on ne peut pas faire autrement, mais ce n'est pas parce qu'un président et une presse quasi-unanime vous le serinent à longueur de journée que c'est vrai. Par exemple, pourquoi nous imposer 41 années de cotisations alors qu'en majorité les actifs ont déjà bien du mal à aligner 40 années de travail effectif ? Parce qu'il vaut mieux qu'ils soient inscrits au chômage dont la caisse est légèrement excédentaire plutôt qu'à la retraite dont la caisse est en déficit, et que taxer les stock-options comme des plus values normales, encaisser des cotisations sociales dessus au même taux que sur les salaires des pauvres pour équilibrer les comptes serait un crime de lèse-milliardaires pour leur pote Sarko....

Pendant ce temps-là, dans l'opposition, rien de nouveau. Après une année passée à s'organiser, ça bosse au Modem et des idées sortent (je le sais puisque j'y participe), mais comme on est tricards dans la presse on fait 4 lignes dans les journaux ou 20 secondes au JT pour dire qu'on s'est réuni mais d'objet des discussions et des débats il n'est point question. Au PS ils sont toujours plus occupés à se déchirer entre eux pour le poste de premier secrétaire qu'à se préoccuper du sort des français les plus vulnérables. Les verts et le PC sont agonisants.

A gauche on ne voit que Besancenot parce qu'il a une bonne tête de mec sympa à passer à la télé, mais si on lui demande ce qu'il propose concrètement pour lutter contre la surpopulation carcérale, pour prendre un sujet bien lourd, on aura un silence du genre vide intersidéral pour réponse... Pourtant il serait simple d'instaurer des partenariats public-privé pour construire des bâtiments publics : l'entreprise de BTP ferait l'investissement de départ et la construction, et une fois le bâtiment terminé l'Etat verserait un loyer pendant 30 ans jusqu'à ce que le montant de l'investissement soit amorti avec un bénéfice pour le constructeur. Une LOA adaptée à la construction, en somme. L'avantage c'est qu'au lieu d'investir 30 millions d'euros sur une année pour un seul bâtiment, pour le même prix on pourrait en avoir dix à amortir sur plusieurs exercices budgétaires. L'autre avantage c'est qu'une convention étant signée au départ, chaque dérapage serait à la charge du constructeur et pas à celle du contribuable... Un parti politique, ça ne doit pas être qu'un porte-parole à la télé, ça doit être une force de proposition !