L'agent orange

L'actualité vue par un adhérent du MoDem...

25 février 2008

Remise en cause de la constitution !

C'est une première dans l'histoire de la cinquième république : Nicolas Sarkosy notre omni-président, a essayé de contourner une décision du conseil constitutionnel, concernant la rétro-activité de la loi sur la rétention de sûreté, en demandant l'avis de la cour de cassation.

Cour de cassation qui vient de lui répondre qu'elle acceptait de réfléchir à l'application de la loi mais ne pouvait remettre en cause la décision du conseil constitutionnel.

A ce stade, il convient de rappeler l'objet des articles 5, 61 et 62 de notre constitution qui disposent que " le Président de la République veille au respect de la constitution",  "les lois organiques, avant leur promulgation, et les règlements des assemblées parlementaires, avant leur application, doivent être soumis au Conseil Constitutionnel qui se prononce sur leur conformité à la constitution" et que "les décisions du Coneil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles".

C'est ce que vient de rappeler le Président de la cour de cassation à M. Sarkosy, lui fesant subir un énième revers ces temps-ci. Je m'en réjouis, parce que même si une majorité de français l'approuvent selon les sondages, cette loi est porteuse de références qu'on aurait aimé ne jamais se voir rappeler.

La loi sur la rétention de sûreté prend pour référence une loi allemande du 24 Novembre 1933 sur le même objet, votée par un parlement à majorité nazie et promulguée par le chancelier Adolf Hitler. Le principe de rétroactivité d'une loi, pour sa part trouve une référence française, mais qui ne nous fait pas honneur puisqu'il s'agit de la loi sur le statut des juifs (elle portait sur la déchéance de la nationalité française pour les juifs naturalisés après 1927) promulguée par le Maréchal Pétain pour l'Etat Français. Belles références en vérité, indignes du pays des lumières ! On ne saurait trop recommander la lecture de Voltaire, Montesquieu et bien d'autres au néo-chef de l'Etat, cela ne lui ferait sans doute pas de mal.

Qui plus est, la loi sur la rétention de sûreté porte en elle une évolution au désavantage des prévenus, puisqu'il sera possible, s'ils sont condamnés et jugés dangereux avant leur sortie de prison, de les maintenir arbitrairement en détention. Alors je pose la question : quid des quelques innocents victimes d'erreurs judiciaires ?

Dans un pays où l'on peut condamner sans preuve sur la simple intime conviction des jurés, la mesure fait peur. N'importe quel homme peut maintenant se faire accuser de viol par une femme qui désirerait se venger d'une rupture douloureuse, et se retrouver ainsi au trou ad vitam eternam si on la croit ! Je prend un cas extrème mais qui n'est pas rarissime, loin de là. Souvenons-nous de ceux d'Outreau, qui ont pu être innocentés, et de Patrick Dils, condamné alors qu'on avait rien qu'un dossier creux contre lui, qui auraient pu ainsi se retrouver embastillés à vie ! Nous avons plus qu'intérêt de pouvoir prouver notre innocence si nous sommes mis en cause injustement un jour !

Cela pose aussi le problème de la responsabilité pénale. Soit on considère une personne comme consciente de la gravité de ses actes, et donc susceptible de réinsertion dans la société, et donc la peine de prison suffira, en sachant que les viols et homicides, malgré quelques affaires très médiatisées, sont les crimes qui connaissent le moins de récidives, soit on considère qu'on a affaire à un grand malade et alors direction un hôpital psychiatrique de haute sécurité, à vie s'il le faut, sans passer par la case prison.

Mais des hôpitaux psychiatrique spécialisés dans le traitement des malades dangereux, il faut les créer, ça coûte cher, il faut des psys, des infirmiers, des gardiens, des murs pour les garder à l'intérieur, murs que l'on trouve déjà existants dans les prisons, solution moins chère à mettre en oeuvre.

Sarkosy voudrait vous faire croire qu'il cherche à vous protéger, alors que son but ultime n'est sans doute que de faire des économies sur la justice, alors que nous sommes déjà le pays du G8 qui investit le moins dans son système judiciaire.

En attendant, bienvenue dans une France où il est maintenant possible de vous embastiller sur la foi d'une lettre de cachet signé par des experts...

    

   

      

Posté par peebee à 21:32 - Retour sur l'actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


24 février 2008

Cass' toi pauv' con

Serait-ce dans la bouche d'un pseudo-supporter du foot que nous avons entendu ces propos peu amènes ? Non, c'est le Président de la république qui les a prononcés, vis-à-vis de la personne qui venait de l'injurier par un "touche-moi pas, tu me salis".

Il est vrai qu'il n'est pas normal, même quand on a pas voté pour lui, d'agir ainsi avec le Président prenant un bain de foule. Mais je me souviens de la phrase que M. Sarkosy avait dite à Ségolène Royal lors du débat entre les deux tours de la présidentielle, à propos de sa colère (concernant l'accès des handicapés à une scolarisation normale) : " pour exercer la fonction de chef d'état, Mme Royal, il faut savoir garder ses nerfs".

Sarko ne nous a pas habitué à les garder, ses nerfs, après son "descends pour voir" à un pêcheur du Guilvinec qui l'avait menacé, paraît-il, d'un coup de boule.

Sarko n'est pas le premier président ou homme politique à prendre des bains de foules, et je me souviens de Lionel Jospin à Rennes, qui, s'il a traité de "pauv' cons" ceux qui lui avaient balancé des oeufs sur la tête, l'a fait hors caméras.

Il est le président, il doit surveiller son langage, quand on veut remettre quelqu'un qui nous a invectivé à sa place, on peut le faire sans l'injurier à son tour (je me souviens d'avoir répondu calmement à une personne qui me traitait de connard, de surveiller son langage quand elle s'adressait à moi, ça avait bien fonctionné), et pis c'est tout, comme le dirait la marionnette de Philippe Lucas aux Guignols.

C'est à comparer à Abdeslam Ouaddou, joueur de football de Valenciennes et international marocain, qui s'est excusé devant la presse d'avoir mal réagi alors qu'on l'avait traité de "sale négro" (ça plus le carton jaune qu'il a pris pour avoir voulu aller s'expliquer en tribune, on aurait pourtant été fâché à moins) pendant le match contre Metz la veille.

C'est à comparer aussi au forfait de Kébé, joueur de Libourne Saint-Seurin, qui a préféré déclarer forfait pour un match à Bastia alors qu'il avait reçu des injures racistes lors de la précédente rencontre entre les deux clubs, pour ne pas jeter d'huile sur le feu. Il a bien fait puisque certains pseudo-supporters de Bastia, qui assurément n'ont pas leur place dans un stade, l'ont gratifié de banderoles qui disaient en substance, "on n'est pas racistes, la preuve, on t'encule".

Il est des gens, qui face au racisme, s'excusent de mal réagir alors qu'ils en sont victimes, où préfèrent ne pas s'y exposer. Et le racisme, c'est autrement plus grave de le subir, dans le sens où il est quotidien, il ne se limite pas à recevoir une insulte de temps en temps.

M. Sarkosy, nous attendons vos excuses à la Nation pour avoir perdu votre sang-froid, une fois de plus... L'exemple doit venir d'en haut, comme je dis toujours.

Et comme l'a dit Confucius, l'invective ne déshonore que son auteur, alors à l'avenir, épargnez-nous de réagir ainsi !            

Posté par peebee à 14:46 - L'évènement du moment - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2008

L'affaire Mignon

Petit rappel des faits : cette semaine, la dir'cab' du Président, Emmanuelle Mignon, a évoqué une éventuelle réhabilitation de l'Eglise de scientologie si on ne la trouvait pas dangereuse. Outre le fait qu'il s'agisse d'une secte condamnée à trois reprises par notre justice (elle ne serait donc pas déjà trouvée dangereuse ?), le propos est troublant après que M. Sarkosy ait reçu Tom Cruise, acteur et figure emblématique de la secte, après qu'il ait prononcé des discours pro-religieux lors de ses visites au Vatican et en Arabie Saoudite, et après que Mme Alliot-marie, ministre en charge des cultes, ait parlé d'une réforme de la loi de 1905.

Cela tend à conforter l'idée des défenseurs de la laïcité, dont je fais partie, que celle-ci est en danger. Comme l'a souligné Marielle de Sarnez, la laïcité, c'est le pilier de notre maison commune. On ne rappellera jamais assez, en France où la séparation du religieux et du politique est une réalité, à quel point nous avons une vraie liberté de conscience. Chez nous, cela ne choque personne que nous puissions être croyant ou athée, la religion est devenue une affaire privée, et c'est en grande partie ce qui nous permet de cohabiter tous ensemble, quelques soient notre confession ou nos croyances.

Cela est à opposer au principe états-unien de tolérance totale des sectes où, sous couvert de protéger justement la liberté de conscience, les religions se sont insinuées dans les affaires publiques, au point qu'on ne puisse espérer être élu à la présidence sans se réclamer de Dieu.

Je vous laisse juge de savoir si c'est à cela que vous aspirez...

Mais ce n'est pas tout. Cette intervention pose un autre problème, soulevé par une partie de la presse, qui est celui de voir une collaboratrice directe du Président s'exprimer sur un sujet sans que la minstre de l'intérieur en charge du problème l'ait fait. Cela dénote une mainmise de "ceux de l'Elysée" sur les affaires publiques au détriment du gouvernement, qui rappelons-le, peut tout de même justifier d'une légitimité électorale, même si comme moi vous n'avez pas voté pour eux.

Cela n'arrête pas : on entend M. Guéant, on entend M. Guaino, on vient d'entendre Mlle Mignon, le secrétaire général de l'Elysée supplante même le ministre des affaires étrangères (mais qu'est-ce que M. Kouchner est venu faire dans cette galère ?) pour partir en voyage officiel, maintenant...

D'aucuns à l'UMP défendent la liberté de parole de Mlle Mignon en tant que citoyenne. Pourquoi pas, nous vivons pour quelque temps encore (mais de moins en moins) en démocratie et chacun(e) a le droit de s'exprimer. Sauf que faire ce raccourci, c'est oublier bien vite que cette demoiselle a une fonction officielle tout ce qu'il y a de plus éminente, et que le plus modeste des fonctionnaires de ce pays, à son niveau, est astreint, et plus encore à l'occasion des élections municipales, à un devoir de réserve strict.

Pour ma part j'apprécierai quand même que l'exemple vienne d'en haut... et j'apprécierai tout autant qu'on laisse s'exprimer les ministres en charge des dossiers... mais bon il est vrai que sur 32 membres du gouvernement, ils ne seraient que 11 à avoir reçu des lettres de mission du chef de l'Etat, ce qui en laisse 21 qui ne savent pas au juste de quels dossiers ils ont la charge !

 

    

          

Posté par peebee à 00:30 - Retour sur l'actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 février 2008

Anti-sarkosyste primaire, moi ?

Avant de commenter ce qui se passe en France, et aussi un peu ce qui se passe dans le monde, juste un petit retour sur les raisons qui m'ont poussé à adhérer à un parti politique, le MoDem puisque c'est de ce parti qu'il s'agit.

Si j'ai adhéré, c'est grâce/à cause de Sarko, notre plus si bien-aimé omniprésident.

Depuis que j'étais en âge de voter, j'étais un électeur de droite, je votais Chirac sans trop me poser de questions, le discours me plaisait, dans la mesure où ma sensibilité n'était pas heurtée par les thèmes développés. J'étais aussi, et je reste, puisque j'en suis à tout avouer, un admirateur du Général De Gaulle, sans doute celui de nos présidents qui a le plus évoqué la France.

Quand Sarko est devenu ministre de l'intérieur, j'aimais bien son côté péchu, même si je n'oubliais pas la trahison de 1995. Habitant d'un quartier dit difficile, je commençais au fur et à mesure à me rendre compte que le gars Sarko, il se montrait, il s'agitait beaucoup, mais que les patrouilles dans mon quartier n'augmentaient pas pour autant et que le pessismisme des policiers sur l'issue de nos plaintes pour cambriolage ou dégradation volontaire de nos véhicules ne s'améliorait guère.

Ayant des vues sur la présidentielle du printemps dernier, il commençait à dire tout et son contraire, il ratissait large, ce qui commençait à m'agacer fortement.

Et puis le divorce définitif avec mon vote RPR puis UMP a été prononcé à cause de l'affaire du Kärcher. Quoiqu'ils aient pu faire, quelques soient leurs défauts, il est pour moi impensable qu'on évoque de nettoyer des êtres humains comme on le ferait avec la crasse. Prononcé par un homme politique, ce propos était déjà indigne. Dans la bouche d'un ministre de la République, il était inacceptable !

D'aucuns ont argué qu'il ne s'agissait que d'une réponse à une habitante d'Argenteuil, je leur réponds qu'il aurait dû tenir son rang et tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de répondre.

L'évidence se fesait jour : notre alors futur président était prêt à toutes les comprommissions, à tous les écarts de langage, pour pouvoir paraître devant les micros et les caméras, prêt à tout pour faire la une !

Mais le Kärcher n'était pas suffisant pour lui, il fallait faire plus fort, et il a dénoncé aux Etats-unis l'arrogance de la France, il s'est senti américain. Comment aurais-je pu croire en quelqu'un qui renie l'action diplomatique de son pays pour dénoncer une guerre injustifiée et dangereuse, l'action la plus courageuse du président alors en place ?

Il y avait aussi la connivence Sarko-médiatique... le fait qu'il y ait eu à un moment crucial de la campagne présidentielle un "droit de savoir" sur les fraudeurs de la sécu et des Assedic, l'a par la suite assez démontré. Si les médias s'alliaient avec un homme qui s'était montré autoritaire, c'est la démocratie qui se trouvait en danger.

Le seul à dénoncer cette connivence à ce moment-là, le seul à nous parler d'union nationale, d'intérêt général, de tous ces principes républicains qui nous sont essentiels, c'était François Bayrou. C'est donc naturellement que je commencé à l'écouter, à le soutenir. Je n'étais pas le seul.

Et puis après la présidentielle, j'ai adhéré au mouvement qu'il créait pour exprimer toute la crainte que j'avais du pouvoir exercé par un homme autoritaire, narcissique, avec un problème affectif évident, et pour montrer l'espoir que j'avais placé dans un mouvement où des dizaines de milliers de personnes comme moi, venues de tous les horizons sociaux et politiques, s'étaient reconnues. Mes craintes ne se sont malheureusement pas dissipées, et sans vouloir systématiquement vouer aux gémonies tout ce que le pouvoir actuel réalise, depuis quelques mois je n'ai trouvé que quelques annonces allant dans le bon sens, peu ou pas suivies d'effets, alors que les réformes que je trouve dangereuses vont bon train.

Alors aujourd'hui, je ne suis l'homme de personne, je parle le plus souvent en mon seul nom, je ne veux pas faire d'antisarkosysme primaire, je ne crois pas détenir la vérité révélée comme l'omniprésident opposant la morale religieuse à la laïcité républicaine, je suis juste un démocrate, parmi quelques milliers d'autres, et je voudrais de temps en temps arrêter de contester pour pouvoir saluer une avancée, ce qui, je ne peux que le déplorer parce que j'aime mon pays, est rare en ces temps troublés.

Je suis quelqu'un qui croit qu'un peuple uni peut encore accomplir de grandes choses, et que si nous nourrissons de grandes ambitions pour le pays, nous nous devons de proposer un destin commun à tous les français, de bâtir un projet de société où la croissance économique sera liée au progrès social et à un esprit de justice...

Et donc me voici, pour commenter l'actualité et en parler avec vous (c'est surtout cela qui est important).

Bienvenue à ceux qui viendront lire (et j'espère commenter) ce blog, à très bientôt.

   

       

Posté par peebee à 23:29 - Rien que moi... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1