26 novembre 2008
Un spectacle pitoyable...
C'est un spectacle pitoyable d'élection ratée que nous ont donné les socialistes au cours des deux dernières semaines...
Tout d'abord, la tradition socialiste veut que les motions travaille avec celle arrivée en tête. Cela n'a pas été le cas parce que c'était celle de Ségolène, Et qu'il y a un front du tout sauf ségo au PS, à tel point que des points de vue à priori inconciliables tels que ceux d'henri Emmanuelli et des Strauss-Kahniens se sont regroupé sous la bannière de Martine Aubry.
Ensuite, le recomptage des voix a semé le doute sur la validité de l'élection. C'est bizarre mais si ségo avait gagné on y aurait quand même cru un peu plus.
Résultat, mal élue avec une majorité bancale et une opposante dans son propre camp, que pourra faire Martine Aubry ? Elle a dit la semaine dernière que l'UMP devrait arrêter de rire cette semaine mais je crois que Sarko n'a pas fini de se marrer et nous de nous désespérer...
21 novembre 2008
Ne voyons pas tout en noir...
Certes, on peut voir l'avenir comme étant bien sombre...
Malgré le sourire ultra-brite de Mme la Ministre des finances, on sait bien qu'avec la crise on en a pris pour deux ou trois ans de récession.
Malgré les critiques dont elle fait l'objet dans son propre parti, Ségolène a raison : sans parler de nationaliser toutes les banques, il fallait que l'Etat (re)prenne le contrôle des Caisses d'Epargne pour créer un pôle bancaire public.
Pourquoi, parce que l'Etat n'a aucun contrôle sur l'argent qu'il a offert aux banques pour les renflouer (il n'est même pas majoritaire dans la société de refinancement créée par le gouvernement), et que rien ne les empêche de distribuer 10% de cette manne financière à leurs actionnaires et leurs traders comme l'ont fait les banques américaines renfloués par le plan Paulson, et de laisser couler les PME et les particuliers en difficulté.
Résultat : Sarko en a été réduit aux menaces et Lagarde espère qu'elles suffiront. La vérité, c'est que la spéculation d'aujourd'hui n'est pas plus illégale qu'hier, malgré les gesticulations de notre omni-président !
Avec un pôle bancaire public, il aurait suffi de dire aux PME, venez à la Poste ou à la Caisse d'Epargne, on vous fera crédit et on vous autorisera les découverts si nécessaires à votre activité (les délais de paiement s'échelonnant entre 30 et 90 jours, quand elles n'ont plus droit au découvert elles meurent, même si le carnet de commande est plein).
Quant aux particuliers, une loi garantissait déjà leurs dépôts jusqu'à 70 000 €, et l'équivalent de la somme mise à la disposition des banques aurait suffi à les couvrir.
Mais pourquoi donc n'a-t-on pas assisté à une renationalisation de l'Ecureuil ? Par dogmatisme néo-libéral ! En effet, jusqu'à une période récente, il y avait un représentant de l'Etat au conseil d'administration de cette banque, et ce sont les élus UMP qui ont mis fin à ce contrôle suite à un lobbying efficace du PDG de l'époque, permettant les dérives que l'on a pu constater. Dans son discours sur les patrons voyous, Sarko s'est bien gardé de le crier bien fort, ça, tout comme il se garde bien quand il dénonce les paradis fiscaux de rappeler qu'il a lui-même fait voter un changement de statut de Saint-Barthélémy qui fait de cette île... un paradis fiscal.
Que constate-t-on également ? Que ceux qui nous parlent de la crise, experts comme politiques, sont ceux-là même qui ont prôné la dérégulation et le libre-échange total depuis trente ans. On apprend également que dans nos plus grandes écoles, les élèves n'aprennent pas à trouver des solutions aux problèmes mais simplement à ne pas reproduire les dysfonctionnements (maintenant on fait Polytechnique et l'Ena pour apprendre à laisser aux autres le soin de réfléchir, c'est quand même dingue !). On meurt de cette culture de la note de synthèse... de cette culture du constat des problèmes sans imaginer d'attaquer le mal à la racine.
Tant qu'on laisse des fonds de pension exiger 15% de rentabilité d'une entreprise alors qu'elle est capable de 6% sans ponctionner ses fonds propres et sabrer son personnel, tant qu'on ne se rend pas compte comme l'avait fait Henry Ford (pourtant loin d'être un socialiste), qu'en chaque employé il y a aussi un consommateur potentiel et que c'est pour cela qu'il faut l'employer et le rémunérer correctement afin d'équilibrer offre et demande, tant qu'on ne comprendra pas l'intérêt des taxes douanières aux frontières de l'Union, d'une taxe "émission de CO²" sur le transport y compris et surtout international, tant qu'on obligera pas les "financiers" a engager une partie de leur fonds propres (au moins 15% ou 20% du montant de l'achat ?) comme caution pour leurs achats d'actions ou de matères premières, tant qu'on ne réimposera pas les transferts internationaux de capitaux , tant qu'on se félicitera des volumes d'échange à la Bourse et des chiffres d'affaires en hausse des entreprises réalisés à crédit grâce à une fusion-acquisition sans se demander si elles sont viables, on ira droit dans le mur. Pourtant l'économie de marché ça peut fonctionner avec quelques outils de régulation !
Heureusement, un rayon de soleil vient d'éclairer le monde, avec l'élection d'Obama. Certes, il défendra les intérêts de son peuple et nous ne devons pas trop en attendre... mais justement, il défendra les intérêts de son peuple et c'est ça qui compte ! A l'inverse du "Je" omniprésent dans les discours de notre hyper-président à talonnettes, Barack Obama n'emploie que des "Nous" fédérateurs dans les siens. Alors même s'il ne se montre pas au final à la hauteur des espoirs que le monde place en lui, il nous a rendu l'espoir d'un monde meilleur et c'est déjà énorme ! En plus il n'est pas libre-échangiste, pas unilatéraliste dans ses discours, et ça, ça nous change !
Bon, en plus pour ceux qui peuvent, la crise il y a aussi le moyen d'en profiter... Si vous avez un peu de sous et les reins suffisament solides pour pouvoir encore plaire à votre banque, ça va être le moment d'acheter un logement ou une voiture, vous serez en position de force pour obtenir des remises monstrueuses ! Dommage que les taux d'intérêts soient un peu élévés, mais il y aura quand même moyen de faire de bonnes affaires. Enfin, cerise sur le gâteau, le litre de sans-plomb vient de repasser sous les 1,15 € pour la première fois depuis 2004...
05 novembre 2008
Une élection porteuse d'espoir...
C'est une élection symbolique, porteuse d'espoir non seulement pour les Etats-unis mais pour le monde entier que celle de Barack Obama.
Attention de ne pas le prendre pour Mandrake le magicien, ne sous-estimons pas la force du lobbying dans son pays, mais si son action suit la vision d'avenir qu'il a laissé entrevoir pendant la campagne, les choses devraient évoluer dans le bon sens.
N'oublions pas non plus qu'il ne se préoccupe pas de nous, français. Ses urgences seront la situation économique et sociale aux Etats-unis même, et en politique internationale l'Iran, l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan, la Russie. Pas la peine de sauter au plafond, donc.
Cependant c'est la première fois depuis longtemps que l'on peut attendre un vrai changement, et il ne faut pas bouder notre plaisir de voir la fin du bushisme !
20 octobre 2008
Adieu Soeur Emmanuelle...
Avec émotion, je me joins aux autres pour dire adieu à Soeur Emmanuelle. Je ne la connaissais pas, mais j'admirais son engagement. Alors, ma Soeur, puisque tu croyais à une vie après la mort, bonne route, et si tu nous vois de là-haut, continue de nous aimer tous...
19 octobre 2008
Des mots, mais pas de solutions...
Mille mots, mais pas mille solutions : c'est ainsi que l'on pourrait résumer l'action de notre omni-président cette semaine, face à la crise financière qui secoue le monde.
Il en appelle à un nouveau Bretton woods, mais ne nous pas ce qu'il entend y promouvoir comme mesures. Pourtant, redéfinir les règles de la finance, interdir les achats à découverts, la spéculation sur la dette, trouver des solutions pour garantir à nouveau la monnaie sur des valeurs et non sur les crédits paraissent pour le moins urgent. Mais non, les Etats se contentent de combler les pertes des banques en avançant des sous qu'ils n'ont pas. En France, cette manière de faire est d'autant plus grave que les intérêts de notre dette sont indexés sur l'inflation (trouvaille de la gauche plurielle, mais jamais remise en cause par la droite au pouvoir depuis 2002), et que l'inflation risque de repartir en forte hausse, la monnaie étant garantie sur les crédits.
Il faudrait aussi, pour moraliser la finance, taxer les plus riches en période de crise, ne serait-ce qu'en taxant les parachutes dorés commes des revenus du travail et en taxant les stock options comme les autres plues-values, ce qui n'est pas possible chez nous pour cause de bouclier fiscal instauré par la loi Tepa.
Loi Tepa qui contribue également, rappelons-le, à la forte augmentation du chômage dans la mesure ou les heures sup' sont en hausse de 35% au moment même ou 40000 emplois disparaissent.
Vous noterez que la crise n'empêche nullement les traders de la caisse d'Epargne de spéculer sur un éventuel rebond de la bourse et de perdre 600 millions, ni M. Ghosn de continuer à tailler dans les effectifs de son entreprise, dont l'Etat est rappelons-le actionnaire, pour préserver les dividendes de ses actionnaires alors que même si sa marge a baissé cette année, Renault reste une entreprise bénéficiaire.
Heureusement, les gens commencent à se mobiliser, les "Renault" à Sandouville, les profs, parents et élèves Aujourd'hui, les fonctionnaires Jeudi prochain...
Et que fait-il, notre omni-président ? Rien, si ce n'est persévérer dans la politique du pire, en attendant les propositions du Medef pour moraliser la finance (autant demander à un fabricant de cigarettes des propositions pour promouvoir la lutte contre le tabac), en ne supprimant pas d'urgence les niches fiscales (d'où un manque à gagner de 50 milliards pour l'Etat), en supprimant des emplois publics (mesure néfaste pour le chômage, donc pour la consommation), en continuant à pratiquer une politique de bas salaires (seuls les emplois non qualifiés, donc les plus mal payés sont aidés chez nous)...
Ah si, il fait quelque chose Sarko, il porte plainte contre l'ex-patron des RG qui par le biais de ses carnets l'aurait accusé d'avoir touché 150000 € de liquide. C'est le contraire qui reste à démontrer, mais avec des juges à sa botte, ça devrait pouvoir se faire si on se réfère à l'affaire clearstream, où bien qu'il ait été le principal bénéficaire de l'affaire sur le plan politique, et bien que l'on puisse prouver qu'il avait déjà rencontré Himad Laoud, accusé d'avoir falsifié les listings, Sarko n'a jamais été mis en cause.
Pendant ce temps-là, la gouvernement profite de la Marseillaise sifflée pendant France-Tunisie pour faire diversion. D'accord, que des Français d'origine tunisienne sifflent leur hymne national (ou sarko ? Ou Domenech ? Ou des bleus mous du genou en ce moment ?), c'est grave, mais on a d'autres urgences en ce moment.
Parmi ces urgences, une passera totalement inaperçue : la loi de programmation militaire. Non seulement elle est capitale pour notre capacité future à nous défendre contre toutes les menaces, et elles sont nombreuses, mais en plus elle est essentielle pour nous permettre de sauvegarder une partie de notre outil industriel.
Cela dit, avec un budget 2009 qui ne tient pas compte de la crise, on est mal barrés.
D'autant plus mal barrés qu'un remaniement ministériel se profile à l'horizon et que les voix potentiellement dissonantes sont appelées à en disparaître.
12 octobre 2008
Une semaine de crise...
C'est une semaine de crise qui vient de se clore.
Tous les gouvernements ont débloqué des fonds pour venir au secours des banques, afin que celles-ci puissent continuer à soutenir l'activité économique, ce qui est leur métier de base et ce qu'ont oublié pas mal de conseils d'administration ces derniers temps. Et notre président s'agite, s'agite, pour nous montrer qu'il agit. Je ne sais pas si l'hyperactivité de notre omniprésident débouchera sur de nouvelles règles internationale pour la finance, mais en tout cas cela pourrait être utile pour le grenelle de l'environnement : à force de s'agiter, il doit déplacer beaucoup d'air, alors je suggère de mettre en place une éolienne en face de l'Elysée, pour produire de l'électricité "durable" et sauver une loi "Grenelle de l'environnement" vraiment mal barrée...
Notez que la crise n'empêche pas notre très discret Premier ministre de prendre un avion gouvernemental pour rallier Paris à partir de la Sarthe, à 6000 € l'heure de vol, alors que pour le commun des mortels le trajet se fait très bien en TGV...
Corollaire de la crise financière qui secoue le monde, le nombre de chômeur a augmenté ce mois-ci. Plusieurs raisons expliquent cela. Dans ce contexte de crise, les PME, premières créatrices d'emplois, sont les premières à pâtir des crédits difficiles à obtenir. De plus, les heures sup' permises par la loi TEPA font que les entreprises suppriment les postes d'intérimaires et ne renouvellent pas les CDD. Si vous ajoutez à cela que les emplois publics ne sont pas renouvelés, que l'Etat après avoir décentralisé à outrance ne peut plus soutenir l'économie, et notamment le BTP, par ses commandes, et qu'aucun plan de sauvegarde industrielle n'a été mené ni même pensé pour résister à la mondialisation, et vous comprendrez qu'on soit dans la m...
On en apprend également de belles concernant nos militaires : le message envoyé par tous les spécialistes disant qu'il valait mieux envoyer des unités constituées que des unités composites dans un pays en guerre a été tellement bien entendu, que maintenant on envoie même nos cavaliers du 4ème Chasseurs relever nos légionnaires du REC (Régiment Etranger de Cavalerie, Royal Etranger pour les intimes) et servir des AMX 10RC qu'ils découvriront puisqu'ils sont normalement dotés d'ERC 90 Sagaie. Privilégier les habitudes de travail entre unités, c'est très bien, mais de là à demander aux chasseurs de servir dans un pays en guerre un matériel dont ils ne sont pas spécialistes...
On découvre églement que les snipers Talebs d'Afghanistan font des émules puisqu'un détenu a été tué par un tireur d'élite dans une de nos prisons. Rachida s'est aussitôt fendue d'un communiqué nous indiquant que des mesures seraient prises, comme mettre en place des filets métalliques au dessus de la cour (les filets, ça arrête les balles, maintenant ?) et surélever les murs (ce qui serait déjà plus efficace, j'en conviens). Le problème que ça me pose, c'est qu'on va dépenser des millions pour éviter que se reproduise un évènement rarissime si ce n'est unique, alors que tous les jours des détenus peuvent être violés, étranglés ou égorgés, des surveillants peuvent être insultés ou molestés sans qu'on s'attaque au fond du problème. Il est vrai que la violence ordinaire est moins spectaculaire, et surtout moins médiatique...
Lot de consolation de la semaine, les français ont décroché deux prix nobels, un en médecine et un en littérature. Je les trouve tous les deux mérités, ce qui n'aurait pas été le cas si Ingrid Betancourt avait décroché le nobel de la paix. Je l'ai trouvée courageuse comme otage mais qu'a-t-elle fait pour favoriser la paix dans le monde ? Bravo à l'ex-président finlandais pour sa récompense, méritée elle aussi...
28 septembre 2008
Vers l'après-capitalisme ? Assiste-t-on à une nouvelle erreur judiciaire ? La pénitentiaire est jean-foutiste ou stupide ?
C'est un beau discours que nous a servi Nicolas Sarkozy cette semaine, nous disant que les excès du capitalisme financier étaient terminés, qu'il faudrait créer un "après-capitalisme". Le problème dans l'histoire c'est que c'est bien la même personne qui, il n'y a pas si longtemps, trouvant que les Français n'étaient pas assez endettés, a voulu créer en France les crédits sur hypotèque équivalents aux subprimes.
C'est aussi lui qui a souhaité dépénaliser la finance, avant d'en dénoncer les abus cette semaine. Alors, même si l'idée d'un nouveau Bretton woods n'est pas une mauvaise idée, même si la volonté de créer de nouvelles règles est louable, c'est bel et bien un apôtre du capitalisme le plus sauvage qui a tenu ce discours de circonstance. C'est bel et bien cette personne qui a avoué "vouloir faire de l'argent" quand il aura arrêté la politique, qui voue aux gémonies ceux qui en ont fait ces derniers mois au risque de tout faire exploser...
Aux Etats-unis, George "W" Bush a bien du mal a faire admettre par son congrès son plan de relance de l'économie de 700 milliards de dollars, qui fait suite à la nationalisation de deux banques et une compagnie d'assurance pour éviter les faillites en chaîne.
La vérité, c'est que nationaliser une banque qui va mal pour la revendre au privé quand elle va mieux, ça revient à faire financer les pertes par les contribuables pour distribuer les futurs bénéfices aux futurs actionnaires, soit sans doute les mêmes qui ont fait plonger ces entreprises par leur rapacité. Ce n'est pas un bon principe. Le principe de punir ceux qui n'ont fait qu'exploiter les failles de nos réglementations n'est pas le meilleur non plus, même si comme tous les gens modestes j'aimerais bien les voir cloués au pilori. Non, la solution est toute simple : on doit garantir les comptes de dépôt et les livrets d'Epargne des clients en cas de faillite, et laisser les activités financières se casser la gueule, jusqu'à ce que les responsables de la spéculation y aient laissé leur chemise ! Dans le pire ou le meilleur des cas, selon les points de vue, en France un petit tour par le RMI ne leur ferait pas de mal, aux Etats-unis ils se retrouveraient SDF, ils seraient bien punis et justice serait faite...
Pendant ce temps là, en France, on parle de privatiser la Poste.
Y'a pas, les privatisations en France sont toujours judicieuses, on l'a bien constaté avec les autoroutes laissées à vil prix à Vinci et consorts, ou comment payer plus cher pour un service loin d'être meilleur si ce n'est moins bon qu'avant. Et que dire d'une privatisation en période de crise, qui signifierait in fine qu'on va lâcher la Poste pour une bouchée de pain ? Tout ça pour le plaisir de saccager le service public, là il commence à abuser du balladurisme, le Sarko...
Sans transition, il faut le dire, on est mal barré pour retrouver le petit Antoine disparu le 11 Septembre à Issoire. Pourquoi, parce que l'enquête s'est focalisée sur la mère et non sur le disparu. Manifestement, gendarmes et procureur ont cru tenir "leur" affaire criminelle, celle qui vous lance une carrière.
Le problème, c'est que par principe de précaution, et quand bien même on pourrait prouver par la suite que c'est bien la mère de l'enfant ou son compagnon qui ont attenté à sa vie, il FALLAIT lancer l'alerte enlèvement. Dans toute recherche, les premières heures sont capitales, alors tant qu'on ne savait pas s'il y' avait fugue, crime ou enlèvement, il fallait donner l'alerte. Maintenant, plus d'une semaine a été perdue et il est sans doute trop tard. J'espère que les autorités n'ont pas décidé de se passer d'alerte enlèvement par mesure d'économie, ce serait pire que tout, et ce n'est même pas à exclure dans le contexte actuel...
Autre fait divers du moment, un prisonnier de la prison de Rouen, détenu pour récidive de conduite en état alcoolique, a été sauvagement assassiné par son compagnon de cellule, mis en cause dans une affaire de meurtre et dans une tentative de meurtre.
Alors, mettre un simple délinquant dans la même cellule qu'une personne prévenue d'avoir assassiné quelqu'un de 54 coups de couteaux (?!), et donc visiblement fou à lier (?!), c'est du jean-foutisme ou de la stupidité de la part de la direction de la prison de Rouen ? Et, puisqu'il était visiblement dément, que faisait le meurtrier dans un cellule de prison au lieu d'être à l'isolement dans un hôpital psychiatrique ? On ne le saura pas puisque les premiers éléments dont nous avons disposé dans les médias nous démontrent qu'une fois de plus le ministère de la justice va chercher à se dédouaner...
21 septembre 2008
Avec un peu de recul...
Avec un peu de recul, on peut revenir sur les évènements du mois qui vient de s'écouler :
- Le conflit russo-géorgien : quand Sarko fait quelque chose de bien, force doit-être de le reconnaître, et il a été bon dans son action diplomatique pour mettre fin au conflit. D'aucuns glosent que les russes n'ont rien concédé mais les combats ont cessé et je pense que personne n'aurait fait mieux. Le vrai succès, dans l'histoire, c'est que l'Europe a, une fois n'est pas coutume, parlé d'une seule voix. Succès donc, mais le mieux aurait encore été de ne pas ouvrir la boîte de pandore en reconnaissant l'indépendance du Kosovo au mépris du droit international et de la résolution n°1244 de l'ONU...
- La perte de 10 de nos soldats en Afghanistan : comme l'a dit le Général Stollsteiner, "nous avons péché par optimisme". Entre le manque de moyens, des unités faites de bric et de broc et un commandement déficient, on l'a mal menée cette affaire. Le pire, c'est que tant que le ministre de la Défense ne reconnaîtra pas que l'accrochage est un échec pour nous et que le mot guerre s'applique pour le conflit Afghan, on est mal barré pour remédier à nos défaillances ! Ce serait pourtant assez simple, selon plusieurs généraux, il suffirait d'envoyer là-bas des unités constituées, de confier les reconnaissance à de vrais spécialistes de cette mission, de disposer de drones, d'hélicoptères et surtout de mortiers en nombre suffisant, intégrés au régiments d'infanterie pour que le commandement des appuis se fassent "en boucle courte"...
- Le traitement médiatique des ces deux histoires : le moins qu'on puisse dire c'est que dans les deux cas l'info était orientée. Les russes ont été présentés comme les méchants de l'histoire alors qu'on s'aperçoit, in mois plus tard, que les géorgiens ont tirés les premiers ; que si Gori n'a pas été rasée par les russes, seul un objectif militaire ayant été visé, la capitale ossète l'a bien été par les géorgiens ; que les soldats russes ne se sont pas rendu coupables d'exactions, mais sont sans doute coupables d'avoir laissé les milices ossètes se venger (auquel cas après sebrenica nous n'avons pas de leçons à donner)... Quant à l'escarmouche afghane, a force de vouloir exploiter l'évènement pour se montrer à la télé, l'omni-président a gravement porté atteinte à notre capacité de résilience. Que se passera-t-il si nous voyons revenir non pas dix mais 100 cerceuils ? Comment réagira-t-on alors qu'on a déjà considéré la mort de dix de nos hommes comme un drame national ? Les anglais qui ont perdu 115 hommes sur le théâtre depuis le début n'en ont pas fait un flan, ce qui n'a pas permis aux talibans de remporter une victoire médiatique...
- Le financement du RSA par une taxe sur les revenus financiers : sur le papier ça paraît une bonne mesure de gauche, genre les plus riches paieront pour les plus pauvres... Le hic c'est que dans les faits avec le bouclier fiscal les plus riches en seront exonérés, ce sera donc la classe moyenne qui va, une fois de plus, s'y coller...
- La récession : la crise, nous a-t-on dit, devait s'arrêter à nos frontières, comme le nuage de Tchernobil. On nous prend pour des cons ou quoi ? Certains, tel Carlos Ghosn, PDG de Renault, en profitent pour licencier 4000 personnes, non que Renault perde de l'argent, mais parce que la marge opérationnelle (et donc les bénéfices des actionnaires) est en baisse...
- Edvige : Concernant ce fichier ou devaient figurer les adhérents des syndicats, militants des partis politiques et les gamins de 13 ans, le premier ministre nous a dit que si on avait rien à se reprocher, on avait rien à craindre d'être fiché. On voit bien qu'ils ont perdu le sens de la démocratie : si on a rien à se reprocher, on ne doit en aucun cas être fiché, et pis c'est tout ! La mobilisation des internautes pétitionnaires contre Edvige est en train de réussir à les faire plier...
- enfin, le non-évènement du mois, puisque c'était déjà le cas l'année dernière : 58% des lois, dont 73% des lois pourtant votées en urgence, n'ont pas reçues leur décret d'application. En clair, Sarko vous fait croire qu'il agit, il court partout, s'agite, le parlement vote à tour de bras, mais moins de la moitié des lois est applicable, faute de décrets. Et écrire et signer les décrets, c'est le boulot des ministres, qui n'ayons pas peur de le dire, ne branlent donc rien...
03 septembre 2008
Le royaume du copinage...
Petite polémique du moment, le directeur de la sécurité de Corse vient d'être limogé car il aurait laissé les nationalistes de l'île de beauté occuper la villa insulaire d'un des grands amis de l'omni-président, Christian Clavier.
L'Elysée nie, le gouvernement nie et la ministre de l'intérieur prend la mesure à son compte, mais comment imaginer que le limogeage n'a pas de rapport avec l'incident ?
Sarko n'a même pas besoin dans ses cas-là d'intervenir lui-même, tous ses affidés font du zèle pour lui complaire...
Et puis, depuis qu'il est là, on vit au royaume de Sarko Premier. On notera la fusion Suez-GDF qui a avantagé financièrement son ami belge M. Frère, la suppression de la pub sur la télé publique qui avantage son ami M. Bouygues propriétaire de TF1, la légion d'honneur donnée à Mme Balkany dont la place la plus appropriée serait sur le banc des accusés d'un tribunal pour complicité de détournement de fonds et abus de biens publics...
Alors comment ne pas imaginer qu'une fois de plus la Sarkosie triomphante a fait des siennes ?
Comment ne pas imaginer qu'encore une fois Sarko s'est montré indigne de sa fonction par intérêt personnel, fût-il lié à une amitié sincère ?
27 août 2008
Les mots creux...
C'est incroyable ce qu'on peut entendre comme mots creux en ce moment.
La russie vient de reconnaître l'indépendance des deux provinces séparatistes de Géorgie, l'Abkhasie et l'Ossétie du Sud. J'ai entendu Bernard Kouchner ce soir, c'est paraît-il inacceptable parce que ça se fait au mépris du droit international, des résolutions de l'ONU, de l'opposition des pays occidentaux et de l'intégrité territoriale de la Géorgie...
Parce que l'indépendance du Kosovo ne s'est pas faite au mépris du droit international, des résolutions de l'ONU, de l'opposition de la Russie et de l'intégrité territoriale de la Serbie, peut-être ? Ils ne font que répondre à nos provocations en s'appuyant sur leur puissance retrouvée, en sachant qu'aucun dirigeant occidental, malgré les torses bombés et les formules martiales, n'aura les couilles d'intervenir pour aller les déloger de Géorgie !
Ce qui de toute manière, n'enlèvera rien au fait que le président Géorgien a atteint les sommets de la connerie en croyant que les pays de l'OTAN le soutiendraient matériellement en cas d'affrontement avec la Russie ! Résultat, notre peut-être ex-futur allié est soutenu verbalement mais abandonné en rase-campagne dans les faits. Et résolution de l'ONU il y aura difficilement puisque la Russie dispose d'un droit de veto au conseil de sécurité !
Autre discours bien creux concernant le livre blanc sur la défense, devenu d'une brûlante actualité depuis l'accrochage en Afghanistan et censé nous guarantir, je cite, de pouvoir répondre à "l'ensemble des risques et menaces susceptibles de porter atteinte à la vie de la Nation" (Armées d'aujourd'hui). Clap ! Clap ! On applaudit bien fort !
Répondre à l'ensemble des risques et menaces, diantre, mais avec quels moyens et quels organisation, me suis-je demandé...
Et là, rien. J'ai essayé de pêcher toutes les infos possibles, j'ai acheté l'ensemble de la presse, de la presse favorable comme Armées d'aujourd'hui (organe officiel de nos armées donc obligé d'adhérer au livre blanc), jusqu'au mensuel Assaut (ou l'excellent Yves Debay n'a pas mâché ses mots pour critiquer la déflation des effectifs). Rien sur l'organigramme futur de nos régiments, de nos escadrons de chasse, de nos commandements navals.
Rien que des questions à se poser. Peut-on encore qualifier une brigade de "blindée" avec seulement 60 chars ? Si on demande à notre marine d'assurer la présence à la mer d'un groupe aéronaval et de deux groupes navals (autour des BPC, crois-je comprendre), avec quelles frégates anti-sous-marines protègerons-nous les approches de nos ports, vu que certaines d'entre elles seront en grand carénage et que nous n'en aurons que 9 dans le meilleur des cas ? La technologie de nos Rafales suffira-t-elle à compenser la suppression d'une centaine d'avion de combat ? Combien d'hélicoptères NH90 à 24 millions d'euros pièce pourrons nous avoir, en sachant que le besoin de ces appareils est aussi criant dans l'armée de terre que dans la marine ?
Du creux, rien que du creux.
Et ça concerne aussi les collectivités locales. Officiellement, l'allocation allouée par l'état aux collectivités locales (environ 55 milliards d'euros) sera en hausse de 2% en 2009. Sauf que cette hausse correspond en fait au remboursement de la TVA sur les dépenses des collectivités, en hausse l'année dernière. Donc c'est de l'argent qui leur appartient déjà, et l'inflation étant de 3,5% les collectivités auront perdu autant dans l'affaire...
Ca ressemble un peu à la mesure qui devait nous permettre - oh joie !- de profiter de notre épargne salariale, en clair de l'argent qui était déjà à nous !
Quand les mots creux s'ajoutent au mensonges pour enjoliver une situation de plus en plus merdique, on est mal barrés, j'vous l'dis !